vendredi 16 juin 2006
Nouvelle publication de Yann Kerninon, professeur de culture générale en prépa HEC à l’ISTH.
Présentation et explications de Yann Kerminon à propos de son dernier essai intitulé Moyens d’accès au monde - Manuel de survie pour les temps désertiques - (Ed. Le bord de l’eau).
Vous enseignez la philosophie à l’ISTH, mais ce n’est pas votre seule activité. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
J’enseigne en effet à l’ISTH, mais je dirige aussi un programme d’enseignement culturel à l’ESSEC. J’interviens régulièrement aussi à Sup de Co Rouen et Centrale Paris sur des thèmes allant de la philosophie à l’histoire des avant-gardes en passant par des questions plus directement politiques sur le monde de l’entreprise ou les médias notamment. Mais avant tout je suis écrivain, auteur de deux livres publiés (Cahier d’Ubiquité – tome 1 et Moyens d’accès au monde) et d’un troisième qui sortira prochainement : Tentative d’assassinat du bourgeois qui est en moi. Par ailleurs, je suis vidéo-performeur en art contemporain. Avec le vidéaste Philippe Boisnard (www.x-tr-m-art.com) nous présentons deux œuvres : Machine de fuite et Escape, douce camisole. La première performance est consacrée à l’effort cycliste comme expérience poétique, la seconde est un numéro très physique durant lequel je me fais enfermer dans une camisole de force, des chaînes, une caisse… et dont je m’évade ! Car mon dernier métier est illusionniste. Ces différentes facettes se répondent et se complètent avec une certaine cohérence je crois.
De quoi parle votre livre Moyens d’accès au monde ? Et que signifie son sous-titre « Manuel de survie pour les temps désertiques » ?
Le point de départ principal de Moyens d’Accès au Monde est ce que Nietzsche nomme le désert, c'est-à-dire l’avènement d’une société qui déborde d’opinions, de convictions, de modèles, de techniques, de solutions et de théories mais qui malgré cela (en vérité à cause de cela !) ne produit plus que du vide, ne produit plus que des choses mortes, dévitalisées et essentiellement absurdes. Dans ce désert, mon livre tente de dresser une cartographie des moyens de survie. Pour cette cartographie, la figure du dandy constitue un fil rouge. Au-delà de l’aspect folklorique et anecdotique dans lequel on enferme en général le dandysme (cravates, élégance, etc.), le dandy est un être qui tente d’incarner à lui seul une révolution, une existence unique, bref quelque chose de vivant. Mon livre tente de réactualiser cette intuition des dandys. Le dandy désire être un exemple de la possibilité de vivre autrement qu’en domestique du désert. C’est aussi la tâche de mon livre…
Demeurer essentiellement inutile, demeurer complexe et multiple, cultiver une éthique libertaire, incarner l’esprit de subversion, produire un style unique, entretenir un rapport poétique et sensible aux êtres et aux choses... Voilà les pistes d’action qui constituent autant de « moyens d’accès au monde », autant de stratégies pour expérimenter et incarner – tant sur un plan individuel que collectif – une existence vivifiante, authentique et réenchantée.
Pour en savoir plus sur l’auteur : www.yannkerninon.com

