mardi 24 février 2009
"Rendre visible ce qui ne l'est pas, banaliser ce qui n'est plus la norme"
Telle est la devise d'Etienne Espivent, 30 ans, président de la toute jeune association étudiante Handi-Sudria, crée en mars 2008 à l'ESME Sudria. Dynamique et souriant, Etienne rappelle "qu’une personne sur deux, en France, sera handicapée au moins six mois dans sa vie professionnelle, handicapée par une déficience provisoire ou définitive", ajoutant que "85% des personnes handicapées le sont après l’âge de quinze ans...et, pour 80% d’entre elles, ce handicap n’est pas visible à l’oeil nu".
Etienne tient là une des raisons de la création de cette association : "si la plupart des handicaps sont invisibles et que la moitié d’entre nous sera touchée de près ou de loin par le problème dans nos décennies de travail, il faut sensibiliser au plus tôt les futurs ingénieurs sur le problème. Leur rappeler que le handicap, ce n’est pas uniquement des enfants dans des fauteuils, le jour du Téléthon : cela peut-être une aide-soignante avec de gros problèmes de dos, dans une structure hospitalière, par exemple. Ou une maladie dégénérative de l’oeil qui rend aveugle un trentenaire, l’obligeant à se ré-orienter professionnellement." De plus, son école depuis toujours très active dans le soutien aux handicaps sera un véritable relais de toutes ses initiatives.
Pour "sensibiliser les administrations, les professeurs" (et tous les lecteurs du site internet de l’association), Etienne et son équipe se sont fixés quatre buts : mettre en ligne des notices inhérentes aux différents handicaps, présenter les innovations technologiques dans ce domaine, organiser des événements pour sensibiliser les étudiants et l’opinion publique sur la problématique du handicap, et promouvoir l’entraide morale et matérielle entre les jeunes ainsi que les échanges entre les personnes handicapées et les personnes valides.
"Je ne peux pas encore vous parler en détail d’une aventure géniale, quelque chose d’énorme, qui arrive cet été, nous ne pouvons éventer la surprise mais je peux vous révéler que le sport, ses valeurs unificatrices, le dépassement de soi qu’il procure seront au centre de ce projet. Vous verrez, vous serez surpris !”, conclut Etienne.
Impossible en le quittant de deviner qu’Etienne fait partie des ces 80% de personnes au handicap invisible. Il faut oser lui poser la question pour avoir droit à un indice : "J’ai toujours été à l’écoute des autres...mais j’ai eu besoin d’un peu d’aide, récemment" glisse t’il avec un sourire,en effleurant son oreille.

